Prison Break

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Il se passe toujours le même scenario. « Ah t’as vécu à New York, c’est génial. Mais attend pourquoi t’es rentrée, t’es folle. Ah, pour raisons personnelles ? Je vois, ça sent la rupture sentimentale cette excuse. Tu as toujours ton visa ? Et tu avais toujours ton taf ? Ah bah dis donc ce devait être du sérieux avec ce mec. » Et là tu aimerais bien lui expliquer qu’une rupture sentimentale, ce serait le cadet de tes soucis comparé à l’épreuve traversée l’année dernière. Retour précipité, vie chamboulée, monde effondré. Mais tu connais ce couple d’amis d’amis que depuis deux minutes trente et tu ne peux pas les envoyer chier. Alors tu bois ton Perrier cul sec, et tu t’excuses « Je vais faire pipi, à plus tard ». Au petit coin, tu en profites pour prendre une grande bouffée d’air, aussi nauséabond soit-il, et tu essuies les larmes qui pointaient le bout de leur nez. Et en parlant de nez, cette goutte là, on essuie aussi. Tu ressors des chiottes aussi fraîche qu’une fleur fanée. Ce soir, c’est sûr, tu ne parleras plus de New York. Du moins plus avec des inconnus-en-mode-fans-de. Après tout, y’a d’autres choses à évoquer. Tu viens de prendre une année presque sabbatique. Appelons ça une année sympathique. Loin de la Big Apple et de la routine. Loin du confort et des magazines. Alors parlons plutôt du présent et laissons le passé aux pages de ce blog…

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Retour au bercail

Retour au bercail

Je crois que j’ai été brainwashée. À coups de propagande Oncle Samienne. À trop regarder CNN, je sais ce qui se passe dans toutes les campagnes américaines, mais pas en Russie ou en Inde, ou encore moins en Europe. À trop regarder E! Entertainement, je sais ce qui se passe dans la vie de Kim, Kloe et Kourtney Kardashian mais pas dans la vie des gens qui comptent. Et à dépenser des sous sans arrêt, je sais combien coûtent des baskets Y-3 mais pas le loyer de mes parents. J’rêve ou j’oublie c’qui est important ? Je suis plus apte à reconnaître les stars de la télé-réalité-soupe U.S que nos ministres ou joueurs de foot, voire certains de mes nouveaux cousins/cousines. Il s’est passé quoi là ? Je me suis tout simplement fondue dans la masse. J’ai voulu vivre à la française, garder le contact et mon béret, puis, au bout de quelques mois, ça a vrillé en vie à l’américaine. Je me suis retrouvée, mangeant des crevettes frites et des cheesecakes, découvrant les sœurs Kardash’ et lisant avec honte les magazines people lorsque j’allais me faire faire les ongles, oubliant d’envoyer le mail hebdomadaire promis à mes tatas ou souhaitant les anniversaires avec une semaine de retard. Après 18 mois sur place, moi aussi je dis « Oh My God » niaisement (sans faire exprès), je raconte mes histoires de dates à mes copines américaines en terrasse dans le Meat Packing District sirotant mon coca light, et j’en suis presque au point de manger du pop corn au cinéma. L’exception culturelle se meurt. Mes racines s’effacent. Je veillais à acheter une baguette de pain par semaine. Je tiens difficilement le rythme d’une par mois. Damn ! J’ai dû changer. Et ça, je le réalise surtout quand je rentre en France. Parce que le choc culturel est inévitable… Read more