Maroquinerie et compagnie…

Maroquinerie et compagnie…

La casbah Amridil La France est mon pays. Le Maroc aussi. Mon père y est né. Et son histoire me berce depuis toujours. Pendant ma jeunesse, je l’écoutais me conter ses souvenirs du désert. Comment il avait chassé une meute de chiens qui effrayait ses sœurs, comment il avait élevé un loup, comment, avant d’entrer dans les pièces de la casbah, le soir venu, il fallait taper dans ses mains pour éloigner les serpents, comment sa maman cachait de petits berlingots Nestlé dans les fissures des murs. Comment il arrivait à les trouver, et s’en délectait en cachette. Comment il devait grimper aux palmiers pour polliniser manuellement les dattes. Comment il s’était fait piqué par un scorpion. Comment on lui arrachait une dent si elle était cariée. Comment il jouait aux billes avec des crottes de chèvre. Au foot pieds nus. Aux cartes à la lueur d’une lampe à huile. Comment la vie était simple. Comment la vie était belle. Comment, en écoutant le désert il comprenait le monde. Comment, ce qui nous importe aujourd’hui n’avait aucun sens alors. Dans ce château de terre et aux alentours, une véritable vie féodale s’y organisait. Mon grand-père, commerçant et voyageur et son petit frère, le sage, se partageaient la casbah. A côté, mon grand-oncle, le cheikh, habitait le riad. Un peu plus loin, le plus âgé des frères, le religieux, vivait dans une grande maison de terre. Chacun des quatre frères avait un rôle important dans la communauté et ils régnaient ainsi sur Amridil, un village près de Skoura à une demi-heure de Ouarzazate. Y retourner me fait toujours autant de bien. « Si je sais d’où je viens je sais où je vais » chantait Wallen, quand on était au collège et qu’on écoutait NRJ. Je suis assez d’accord. Un retour aux sources a le mérite de remettre les idées en place. Et face à cette casbah, immense, majestueuse ; face à cette casbah, je suis transportée. De paix, de joie, d’émotion. Mais avant, passage à Casa et Agadir. Quel voyage ! Read more

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Prison Break

Prison Break

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Il se passe toujours le même scenario. « Ah t’as vécu à New York, c’est génial. Mais attend pourquoi t’es rentrée, t’es folle. Ah, pour raisons personnelles ? Je vois, ça sent la rupture sentimentale cette excuse. Tu as toujours ton visa ? Et tu avais toujours ton taf ? Ah bah dis donc ce devait être du sérieux avec ce mec. » Et là tu aimerais bien lui expliquer qu’une rupture sentimentale, ce serait le cadet de tes soucis comparé à l’épreuve traversée l’année dernière. Retour précipité, vie chamboulée, monde effondré. Mais tu connais ce couple d’amis d’amis que depuis deux minutes trente et tu ne peux pas les envoyer chier. Alors tu bois ton Perrier cul sec, et tu t’excuses « Je vais faire pipi, à plus tard ». Au petit coin, tu en profites pour prendre une grande bouffée d’air, aussi nauséabond soit-il, et tu essuies les larmes qui pointaient le bout de leur nez. Et en parlant de nez, cette goutte là, on essuie aussi. Tu ressors des chiottes aussi fraîche qu’une fleur fanée. Ce soir, c’est sûr, tu ne parleras plus de New York. Du moins plus avec des inconnus-en-mode-fans-de. Après tout, y’a d’autres choses à évoquer. Tu viens de prendre une année presque sabbatique. Appelons ça une année sympathique. Loin de la Big Apple et de la routine. Loin du confort et des magazines. Alors parlons plutôt du présent et laissons le passé aux pages de ce blog…

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Les impatriés (la suite)

Les impatriés (la suite)

30 rock

Si vous n’avez pas lu cet article du Monde, faites-le. Il raconte le retour en France compliqué de bon nombre d’expats ; les appelants avec familiarité, « les impats ». Néologisme sympa, mais surtout nécessaire. Et oui, c’est qu’il n’y a pas de mot pour nous désigner, nous, expats’ de retour. L’article est bon, vraiment, et il explique comment on en arrive à se sentir étranger chez soi, le cul entre deux chaises, ici et là-bas. Marion en VO en sait quelque chose, elle vient de se faire licencier à NYC et raconte son aventure avec un réalisme poignant. Retour à la case départ, donc pour beaucoup d’expats. NYC la ville d’adoption, Paris la hometown. Et après ? En quatre ans, j’ai vu tous mes potes ou presque repartir, avec ou sans sourire. « L’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage ». Alors, JFK → CDG, ça se fait sans heurt ? Pas sans stigmate, en tout cas. Read more

Empire State of My Mind

Empire State of My Mind

Ma chère maman,

Comment vas-tu là-haut ? Je me rassure en me disant que tu as dû trouver le coin des artistes et que De Staël et Odilon Redon te donnent des conseils. (« Attention à la manière dont tu manies le pinceau. Et tu devrais essayer cette technique. Et puis Jany entre nous, tes tableaux, surtout ceux qui s’inspirent de mon œuvre sont magiques« ). Nous ici, ça va mais tu laisses un vide maman. Un gouffre même. Dur de reprendre une vie normale quand celle qui te l’a donné disparaît devant toi. C’est pourtant ce que j’essaie de faire depuis deux mois, mais le cœur n’y est pas. Il est brisé et bien trop occupé à essayer de battre malgré les fissures. Fatigue constante, sourire discret, rétine humide, prête à lâcher les larmes à tout moment… J’ai même mes lunettes de soleil à portée de main, de jour comme de nuit, histoire de les cacher, ces yeux mouillés qui n’en font qu’à leur tête. Le pompon, au taf j’ai même explosé en sanglot en regardant le dernier clip de la Sexion d’Assaut Tout ce qui parle des mamans ou me rappelle tes derniers jours me donne la chair de poule. Mais ça va s’atténuer petit à petit j’imagine… Et puis depuis que je suis retournée à New York, la vie est bien différente sans toi. Plus de Skype quotidien, plus de shopping, taille 38, rayon maman stylée. A la place ce grand rien… Mais aussi la sensation d’avoir une bonne étoile qui voltige au dessus de ma tête de jour comme de nuit. Je te sens là malgré tout, là, dans l’empire state of my mind. Read more

Retour au bercail

Retour au bercail

Je crois que j’ai été brainwashée. À coups de propagande Oncle Samienne. À trop regarder CNN, je sais ce qui se passe dans toutes les campagnes américaines, mais pas en Russie ou en Inde, ou encore moins en Europe. À trop regarder E! Entertainement, je sais ce qui se passe dans la vie de Kim, Kloe et Kourtney Kardashian mais pas dans la vie des gens qui comptent. Et à dépenser des sous sans arrêt, je sais combien coûtent des baskets Y-3 mais pas le loyer de mes parents. J’rêve ou j’oublie c’qui est important ? Je suis plus apte à reconnaître les stars de la télé-réalité-soupe U.S que nos ministres ou joueurs de foot, voire certains de mes nouveaux cousins/cousines. Il s’est passé quoi là ? Je me suis tout simplement fondue dans la masse. J’ai voulu vivre à la française, garder le contact et mon béret, puis, au bout de quelques mois, ça a vrillé en vie à l’américaine. Je me suis retrouvée, mangeant des crevettes frites et des cheesecakes, découvrant les sœurs Kardash’ et lisant avec honte les magazines people lorsque j’allais me faire faire les ongles, oubliant d’envoyer le mail hebdomadaire promis à mes tatas ou souhaitant les anniversaires avec une semaine de retard. Après 18 mois sur place, moi aussi je dis « Oh My God » niaisement (sans faire exprès), je raconte mes histoires de dates à mes copines américaines en terrasse dans le Meat Packing District sirotant mon coca light, et j’en suis presque au point de manger du pop corn au cinéma. L’exception culturelle se meurt. Mes racines s’effacent. Je veillais à acheter une baguette de pain par semaine. Je tiens difficilement le rythme d’une par mois. Damn ! J’ai dû changer. Et ça, je le réalise surtout quand je rentre en France. Parce que le choc culturel est inévitable… Read more

#10 – BACK in New York

#10 – BACK in New York

Brooklyn
Brooklyn

Bon, si ta mémoire est bonne copain, j’avais fini ma chronique #9, celle qui concluait mon été new-yorkais, en disant : « Je n’écris pas The End mais plutôt To Be Continued… ». Alors voilà, c’est fait. Done ! Say it loud, I’m back… and i’m proud! A moi les bagels, le cream cheese, les moccha-cappucino-vanilia, les kicks de ouf et les concerts à gogo, les manucures, les disques introuvables, les expos historiques, l’accent cainri et les mimiques « you know, like, i mean, for real ? Naaaaa, you kidding… Aight ». Ouiiiiiiiii !!! I’m back in New York Cityyyyyyyyy !!! Read more

#9 – I’m going (going) back (back) to Paris

#9 – I’m going (going) back (back) to Paris

Time Square
Time Square

Hey ! Il ne me reste que quelques jours avant de devoir quitter ce territoire légalement sans m’en faire expulser, j’ai le vague à l’âme rien que d’y penser… En 3 mois, j’ai troqué Boulbi City contre Brooklyn City, et je me remets à peine de mes découvertes de la semaine (le Brooklyn Museum, la Brooklyn Library, le Brooklyn Botanic Garden, le Brooklyn free market, et les concerts gratuits dans les rues). Bref tu l’auras compris, convertie, je le suis. Chronique d’une voyageuse amoureuse de Brooklyn, la larme à l’œil à l’idée de partir… Read more