Ma boîte à New York

Ma boîte à New York

Boite

Aujourd’hui, j’ai ouvert ma boîte à New York. C’est une jolie boîte en carton avec un tiroir coulissant, sur laquelle j’ai mis plein d’autocollants. Elle contient des souvenirs de mes années New York. Bien moins que ma tête. Bien moins que ce blog. Mais pas mal tout de même. Quand j’ouvre le tiroir, tous les papiers qui y sont jaillissent hors de la boîte. Faut dire qu’elle est blindée. J’me souviens alors l’avoir tassée et fermée avec difficulté la dernière fois. Un peu comme quand ta pote s’assoit sur ta valise pleine d’achats compulsifs new-yorkais pendant que tu tires la fermeture de toutes tes forces. Boîte ouverte, papiers étalés. Le premier truc qui attire mon regard est le billet pour les MTV Video Music Awards 2009. Ceux où Kanye avait interrompu Taylor Swift. Dans la salle, du haut de mon siège mal placé j’observais la scène pendant que les gens arrêtaient de respirer. On a cru à un gag, un truc scripté, on a fait bouhhhhh de toutes nos forces ; puis la cérémonie a continué comme si de rien n’était. Kanye, une bouteille et Amber Rose à la main, s’était faufilé avant la fin. Ce n’est qu’en rallumant mon portable à la sortie du Radio City Music Hall, que j’ai réalisé que j’avais assisté à un épisode pop culture qui deviendrait culte pour les années à venir. Hashtag Imma let you finish but Beyoncé. Read more

300 raisons d’aimer New York

300 raisons d’aimer New York

MJ-9246©YanDemain sort « 300 raisons d’aimer New York », un guide sur notre ville préférée. Le titre est explicite. Sans surprise, on y retrouve 300 excuses pour (re)tomber amoureux de la Grosse Pomme, page après page. Mais à la différence des autres guides, New York n’y est pas qu’un bout de bitume sur lequel user vos baskets. C’est un trésor. Et l’ouvrage de Marie-Joëlle Parent en est la carte. Elle décrypte, détaille, défriche, déshabille la ville et vous initie à ses secrets les mieux gardés. J’aime le fait que les New-Yorkais y occupent les pages, aux côtés des bonnes adresses. Elle y esquisse des portraits délicieusement choisis, qui ouvrent ou ponctuent les chapitres comme un sourire. On y rencontre par exemple Milton Glaser, le créateur du logo I ❤ NY, qui révèle qu’il n’a jamais touché un centime pour sa création, alors qu’elle génère 30 millions de dollars par an ! On monte en taxi avec candy-cab, un chauffeur généreux au véhicule plein de bonbons ; on découvre qui se cache derrière les mosaïques d’East Village, on lit le quotidien du cireur de la 47e rue ; et ainsi de suite. Marie-Joëlle nous raconte les histoires, les quartiers, les New York. Une façon très humaine, très personnelle de comprendre l’essence de la ville. Read more

Tu sais que t’as encore New York dans la peau quand…

Tu sais que t’as encore New York dans la peau quand…

nyc

…Tu t’embrouilles avec les gens parce qu’ils confondent Clinton Hill et Clinton Washington à Brooklyn. Ou pire, l’Upper East et l’Upper West. Et ceux qui savent même pas qu’Harlem est à Manhattan, tu les rayes de ta vie… Bref.

…Tu vas au Starbucks tous les jours. Même si c’est cher. Même si c’est pas comme là-bas. Même si tu te prends une douille et qu’ils écrivent ton prénom sans faute. Bonjour, un café latte avec supplément caramel et un cheesecake coulis framboise. 11€. Merci. Read more

L’important c’est le voyage, pas la destination

L’important c’est le voyage, pas la destination

montagemeriem

Écrire. C’est New York qui m’a appris à écrire. Capter l’attention, faire voyager, émouvoir. Mes converses aux pieds, mon BlackBerry (2009 les mecs !) à la main, je vagabondais au gré des rues de Manhattan et Brooklyn. J’immortalisais ces instants d’infini avec quelques mots, sauvegardés à la va-vite dans mon téléphone… Et toujours cette sensation de déjà vu. Où avais-je aperçu cette scène, cette façade, ce bâtiment, ce musicien ? A la télé, au cinéma, ou dans mes rêves ? New York est devenu mon terrain de jeu. Les règles n’étaient plus les mêmes qu’à Paris. La Pomme menait la danse et je suivais ses pas tant bien que mal. J’ai failli perdre plus d’une fois mais bon, j’ai une endurance de marathonienne et je suis plus bornée que la plus bornée de tes copines. Alors j’ai continué à jouer et j’me suis appropriée le terrain, même si on était plus de 8 millions à en vouloir un bout. Read more

Love Of My Life

Love Of My Life

J’ai aimé Fort Greene avant même d’y mettre les pieds. Quand j’étais étudiante, je suis tombée amoureuse d’un mec qui y avait vécu. C’était un disquaire, passionné de hip hop. Quand il me parlait de Fort Greene, ses yeux brillaient et je m’envolais illico, direction le restaurant Madiba, Fulton Street ou le café Habana. Il les décrivait avec tellement de précision que j’avais l’impression d’y être. Je buvais ses mots. Je m’inventais un petit monde aux allures de paradis soulful sur fond de Love of My Life, le morceau d’Erykah Badu et Common, deux anciens habitants du coin. D’ailleurs, ce morceau est parfaitement à l’image de ce quartier qui est devenu assez vite… mon quartier ! Read more

Empire State of My Mind

Empire State of My Mind

Ma chère maman,

Comment vas-tu là-haut ? Je me rassure en me disant que tu as dû trouver le coin des artistes et que De Staël et Odilon Redon te donnent des conseils. (« Attention à la manière dont tu manies le pinceau. Et tu devrais essayer cette technique. Et puis Jany entre nous, tes tableaux, surtout ceux qui s’inspirent de mon œuvre sont magiques« ). Nous ici, ça va mais tu laisses un vide maman. Un gouffre même. Dur de reprendre une vie normale quand celle qui te l’a donné disparaît devant toi. C’est pourtant ce que j’essaie de faire depuis deux mois, mais le cœur n’y est pas. Il est brisé et bien trop occupé à essayer de battre malgré les fissures. Fatigue constante, sourire discret, rétine humide, prête à lâcher les larmes à tout moment… J’ai même mes lunettes de soleil à portée de main, de jour comme de nuit, histoire de les cacher, ces yeux mouillés qui n’en font qu’à leur tête. Le pompon, au taf j’ai même explosé en sanglot en regardant le dernier clip de la Sexion d’Assaut Tout ce qui parle des mamans ou me rappelle tes derniers jours me donne la chair de poule. Mais ça va s’atténuer petit à petit j’imagine… Et puis depuis que je suis retournée à New York, la vie est bien différente sans toi. Plus de Skype quotidien, plus de shopping, taille 38, rayon maman stylée. A la place ce grand rien… Mais aussi la sensation d’avoir une bonne étoile qui voltige au dessus de ma tête de jour comme de nuit. Je te sens là malgré tout, là, dans l’empire state of my mind. Read more

Irène, la banane du siècle (du moins à NYC)

Irène, la banane du siècle (du moins à NYC)

Dimanche 28 Août 10:00
Par où commencer… CNN en bruit de fond depuis trois jours. J’ai l’impression de faire une overdose d’Irène sans l’avoir vraiment vue. Avant de rentrer dans le vif du sujet faut que je vous explique le contexte de l’arrivée de cet ouragan… Enfin plutôt que vous compreniez l’état d’esprit des New-yorkais pour mieux appréhender la situation. En même temps j’ai pas envie de mettre tout le monde dans le même sac parce que cette ville est un melting pot difficilement descriptible en quelques lignes. Mais s’il y a bien trois mots qui la résument, ce sont individualisme, profit et consommation. On vient à NYC pour vivre son rêve, travailler dur, accomplir un but. Résultat ces New-yorkais passagers sont au boulot 15h/24, certains cumulent même plusieurs jobs, et s’ils tiennent le coup plus de quelques années, ils se sentent invincibles…fredonnant Empire State Of Mind « If I can make it here, I can make it anywhere… » En fait, le New-yorkais te le dira pas ouvertement, mais il se prend un peu pour un élu… Genre je vis dans la meilleure ville du monde et ça fait de moi quelqu’un d’extraordinaire. Pourtant, comme me l’a dit Madame Lolo un jour, à NYC tu as la même vie qu’un étudiant ici, tu vis dans une petite chambre, tu vas à la laverie pour ton linge parce que tu n’as pas de machine chez toi, tu manges dehors ou tu commandes à emporter parce que tu ne cuisines pas…. C’est tellement vrai ! Au-delà de cette vie d’ado éternel, plus que tout, le New-yorkais est un enfant gâté. Il a toujours tout à dispo, peu importe l’heure du jour ou de la nuit, y compris le métro qui marche 24h/24. Bref le New-yorkais est un être très souriant en surface, agrémenté d’une once d’arrogance, d’une incapacité à cuisiner, d’une dépendance aux services 24h/24, d’un amour infini pour les iPhones et d’un sentiment indéniable d’indestructibilité. C’est dans ce contexte qu’Irène arrive. Read more