Deux vies…

Deux vies…

paris

Chers tous,
Ça fait longtemps que je veux prendre la plume. Prendre de vos nouvelles. Vous dire Hello comme Adèle. Mais la vie et ses aléas ont eu raison de mon temps. Conséquence, je ne vous ai même pas raconté mes dernières aventures new-yorkaises. Brooklyn Height, Harlem, Williamsburg, bla bla bla. Et puis, tout a changé. Évidement, je ne parle pas des Stan Smith qui se reproduisent par millier sur les pieds des Parisiens sans chaussette, encore plus facilement repérables dans les rues de Soho ; ni même des mecs de cité qui se raidissent les cheveux avec les plaques de leurs sœurs. Non. Je parle bien de ce que nous vomit la télé, la radio, les journaux, les internets. De ce qui rassemble tous ces experts ès-djihadisme devant Bruce Toussaint le matin. De cette blessure si profonde qu’on va mettre longtemps avant de guérir… Je suis souvent sur la route, vous le savez. Je n’étais pas à Paris vendredi soir. Je n’ai pas crié en entendant les tirs. Je n’ai pas couru pour me mettre à l’abri. Pourtant, j’ai ressenti l’effroi. J’ai tremblé à l’écoute de ce scenario de l’horreur. J’ai prié en prenant des nouvelles de mes proches. J’ai pleuré en chantant la Marseillaise. Et pour la première fois de ma vie d’adulte, je l’ai chantée en entier, prononçant cette phrase ensanglantée d’impuretés que je feignais d’oublier habituellement. J’étais tellement en colère que soudain notre hymne violent prenait tout son sens. Et comme un mécanisme de défense, je le chantais, la voix tremblante. Je suis fille unique. Pourtant ce vendredi 13, j’ai perdu des frères et des sœurs. Leurs visages sont devenus reconnaissables. Leurs noms, familiers. J’avais beau être loin. J’étais tout près. Et ça m’a rappelé que ceux qui restent, nous, vous, ils ; on a la chance d’avoir deux vies. Read more

L’important c’est le voyage, pas la destination

L’important c’est le voyage, pas la destination

montagemeriem

Écrire. C’est New York qui m’a appris à écrire. Capter l’attention, faire voyager, émouvoir. Mes converses aux pieds, mon BlackBerry (2009 les mecs !) à la main, je vagabondais au gré des rues de Manhattan et Brooklyn. J’immortalisais ces instants d’infini avec quelques mots, sauvegardés à la va-vite dans mon téléphone… Et toujours cette sensation de déjà vu. Où avais-je aperçu cette scène, cette façade, ce bâtiment, ce musicien ? A la télé, au cinéma, ou dans mes rêves ? New York est devenu mon terrain de jeu. Les règles n’étaient plus les mêmes qu’à Paris. La Pomme menait la danse et je suivais ses pas tant bien que mal. J’ai failli perdre plus d’une fois mais bon, j’ai une endurance de marathonienne et je suis plus bornée que la plus bornée de tes copines. Alors j’ai continué à jouer et j’me suis appropriée le terrain, même si on était plus de 8 millions à en vouloir un bout. Read more

New York couleur Lila

New York couleur Lila

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C’est l’histoire d’une jeune femme qui s’appelle Lila. Elle aime New York plus que son mec et elle pense que son destin est là-bas. Qu’elle va tout réussir grâce à son culot et son accent français. Elle est un brin naïve, un poil bornée et un chouya chiante. Lila c’est un peu nous toutes en fait. Et elle s’y voit déjà, à New York. Arpentant 5th avenue sur pilotis, avec un shopping bag Guess et un skimmed milk latte caramel vanilla à la main. Lila va gagner la green card et partir. Débarquer au fin fond de Brooklyn, dans un quartier de retraités russes, avant de partir à la conquête de Manhattan. Et elle va devoir mettre de côté tous ses clichés, parce que New York ne fait de cadeau à personne. L’histoire de Lila, je vous la raconte dans un roman que je viens de sortir version eBook parce que c’est Noël et que vous allez tous avoir des tablettes sous le sapin. Donc en prévision de ce phénomène de masse, j’ai pris les devant et je me suis permise de mettre en ligne un p’tit livre, écrit avec amour, qui je l’espère, vous plaira autant que le blog… Read more

PS: I Love You

PS: I Love You

J’sais plus où j’ai entendu que l’amour durait 3 ans. Sûrement sur Twitter. Ou dans Glee. Mais si c’est le cas, il nous reste 6 mois de bonheur. Après, ya’pu. Alors il serait peut-être temps qu’on en profite un peu non ? J’te l’accorde, on est loin de nos débuts fougueux. Mais arrêtons de jouer à cache-cache le temps d’une saison. Dans le fond, tu le sais que je t’aime. Et c’est pas parce qu’on se voit moins que mon amour s’altère. Juste…il se moule, s’adapte, s’ajuste. De manière à te coller à la peau sans qu’on transpire à grosses gouttes. Un peu comme mon débardeur bleu Nike Dry Fit. Tu sais celui que j’ai mis pour courir le semi-marathon. Et puis, si t’as l’impression que je prends du recul, c’est que je me protège aussi… Depuis qu’on vit ensemble, tu n’as cessé de me démontrer qu’on ne sait jamais de quoi demain est fait. Alors je vais finir par te prendre au mot. Read more

Empire State of My Mind

Empire State of My Mind

Ma chère maman,

Comment vas-tu là-haut ? Je me rassure en me disant que tu as dû trouver le coin des artistes et que De Staël et Odilon Redon te donnent des conseils. (« Attention à la manière dont tu manies le pinceau. Et tu devrais essayer cette technique. Et puis Jany entre nous, tes tableaux, surtout ceux qui s’inspirent de mon œuvre sont magiques« ). Nous ici, ça va mais tu laisses un vide maman. Un gouffre même. Dur de reprendre une vie normale quand celle qui te l’a donné disparaît devant toi. C’est pourtant ce que j’essaie de faire depuis deux mois, mais le cœur n’y est pas. Il est brisé et bien trop occupé à essayer de battre malgré les fissures. Fatigue constante, sourire discret, rétine humide, prête à lâcher les larmes à tout moment… J’ai même mes lunettes de soleil à portée de main, de jour comme de nuit, histoire de les cacher, ces yeux mouillés qui n’en font qu’à leur tête. Le pompon, au taf j’ai même explosé en sanglot en regardant le dernier clip de la Sexion d’Assaut Tout ce qui parle des mamans ou me rappelle tes derniers jours me donne la chair de poule. Mais ça va s’atténuer petit à petit j’imagine… Et puis depuis que je suis retournée à New York, la vie est bien différente sans toi. Plus de Skype quotidien, plus de shopping, taille 38, rayon maman stylée. A la place ce grand rien… Mais aussi la sensation d’avoir une bonne étoile qui voltige au dessus de ma tête de jour comme de nuit. Je te sens là malgré tout, là, dans l’empire state of my mind. Read more

Ma mer

Ma mer

J’adore la mer. C’est ce que je préfère dans la vie. Elle berce comme personne, calme mieux que le sommeil et apaise tel un baiser. Belle, grande, majestueuse. La mer. Je lui dois tout. Je suis née sur ses bords. Pourtant je ne suis pas Poisson. Mais elle m’a appris à nager. J’me débrouille plutôt bien d’ailleurs maintenant. A la mer, je suis dans mon élément. Et ses vagues qui caressent les pieds sont les plus doux des effleurements. Lorsque le ciel s’y reflète, ses yeux deviennent bleus. Lorsque le soleil la réchauffe, son cœur s’enivre. Et quand elle sourit, tous les fleuves du pays sont irrigués de bonheur. Si la mer disparaît, ça fera un vide effroyable. Si ma mer s’efface, qu’est-ce qu’il reste ? La terre, oui, mais la terre sans la mer, c’est comme mon père sans ma mère. Ça n’a pas de sens. Pourtant on vient de me le dire. La mer va disparaître. Bientôt. Certains spécialistes s’avancent même à dire qu’il lui reste 8 jours. J’ai 8 jours pour me faire à l’idée d’une vie sans mer. Une vie de terre. J’ai du mal. J’ai mal. Sans mer, je serai comme orpheline. Sans mer, la vie ne sera plus bleue. Ni rose. Mais morose. La vie sans elle…

Happy Father’s Day

Happy Father’s Day

C’est souvent les mamans qui sont créditées pour tout dans la vie. C’est cool. Mais depuis le hit de Stomy Bugsy dans les années 90, j’ai pas l’impression que les papas aient eu assez de props. Pourtant ils sont aussi importants que les mamans nan ? Sans eux elles seraient bien en galère et les bébés ne pourraient pas vraiment être conçus… Alors rendons aux papas la reconnaissance qu’ils méritent. Ma mère avait eu un article pour Mother’s day l’année dernière. J’en dédie maintenant un, à mon père…
Mon père c’est un roc. Il a un cœur plus dur que la barre de fer, mais plus grand que les 5 boroughs de New York réunis. Peu démonstratif, incapable de dire je t’aime ; il a pourtant toujours mis ma mère et moi au centre de ses priorités, se battant pour notre bonheur, au détriment du sien. Au fil des années il a su rebondir sur chaque épreuve pour en faire une alliée. Sans jamais se plaindre, il a été là, quand il fallait, pour le meilleur comme le pire. Une confiance absolue, un amour infini, un encouragement perpétuel, un pilier vital. Mon papa à moi n’est pas un gangster. Juste un homme ordinairement extraordinaire, aux antipodes des stéréotypes. D’ailleurs il a même pas l’accent. Et il met des Air max, pas des babouches. Plus cainri que Kanye West, plus gentil que Common Sense, plus beau qu’Aladin et Javier. Mon père.
J’adore quand il me raconte son enfance…dans le désert. Il jouait au foot pieds nus, aux billes avec des crottes de chèvre, à cache-cache avec beaucoup d’imagination. Il tapait dans ses mains avant d’entrer dans l’une des pièces de la casbah sans électricité pour que les serpents s’enfuient. L’école de la vie version Sahara. Avec une telle enfance, tu penses bien qu’il n’a peur de rien. Mais parfois il a peur pour nous. Ma mère et moi… C’est tout. L’avantage d’avoir un papa courageux c’est qu’moi aussi ça m’a donné envie de casser des briques. Mon papa à moi n’est pas un gangster. C’est juste un homme du désert ordinairement extraordinaire. Et c’est déjà pas mal. Bonne fête papa, ainsi qu’à tous les papas lova.