Travelin’ Portrait #5 : Madame Lolo

Travelin’ Portrait #5 : Madame Lolo

Ah ! Enfin une FEMME ! Jusqu’ici j’ai dressé le portrait de messieurs sur le blog mais je n’avais jamais rencontré de femme française vivant à New York avec un pied dans la culture urbaine. Bah c’est fait ! Je vous présente Madame Lolo, qui ne sort pas de Manhattan, arrive à l’heure aux rendez-vous, rêvait de vivre à New York depuis son plus jeune âge et surtout… est l’ancienne manager de la Mafia Trece ! Aujourd’hui elle n’est plus dans le rap, mais elle a trouvé un secteur encore plus macho pour y faire ses armes : les tech-media-geek-code-html-web-trucs-de-nerd. Rencontre au sommet avec autour d’une glace dans le Lower East Side…

Madame Lolo est rigolote comme son nom et pétillante comme mon orangina, enthousiaste, accessible, elle vit dans le même quartier à New York depuis 7 ans. Comment elle s’est retrouvée là ? Accroche toi ! Après un séjour étudiant ennuyeux à souhait dans la campagne américaine, elle débarque en car à New York pour 3 jours. On est en 1991. Elle a 18 ans. Et elle a un déclic sur le champs : c’est là qu’elle vivra ! Les 3 jours se transforment en 5 ans, elle trouve un boulot alimentaire, un American boy, et en bonne fan de hip hop, elle va a toutes les soirées et concerts de la Big Apple. Les petites anecdotes qu’elle me sort sont de l’ordre du « Un jour la mère de Diddy m’a raccompagnée en voiture après une soirée Halloween parce qu’on habitait pas loin » ou encore « Je venais d’arriver, c’était la Portorican Day Parade, je descends en bas de chez moi pour acheter un truc et là je vois Fat Joe. Bah j’ai passé l’aprem’ avec lui on a parlé musique, c’est ça New York, tu sais comment commence ta journée mais tu sais jamais ce qu’il va t’arriver ». Pas faux. Les hauts et bas de New York sont aussi imprévisibles que la météo du moment et son séjour n’a pas été qu’amour gloire et beauté. En 95 elle rentre à Paris pour raison familiale et ramène avec elle mixtapes, posters, stickers, magazines mais aussi un savoir faire américain qui lui sera plus qu’utile pour la suite…

Quand on se remet à parler de ses débuts dans le rap en France, un petit sourire apparaît et elle lève les yeux en disant « Ça remonte, j’ai pas parlé de ça depuis longtemps ». Après New York, de retour dans la grisaille du 13ème arrondissement, elle n’a pas trop de plan de carrière en tête. Un matin, en descendant acheter des clopes au café de son quartier, elle tombe sur un pote. Joe veut monter un groupe de rap. Et Lolo lui dit « Ouais, allez on fait un label, je reviens de New York, y’a le Wu Tang, un collectif de rappeurs qui cartonnent là-bas. On fait pareil ». Et puis bah en fait, ils ont vraiment fait pareil. On est au début de la Mafia Trece : 1996. Mini budget mais dalle colossale, les idées se transforment en faits concrets et ils enregistrent un CD 4 titres (feat. Diams) avec 2000 francs. Puis ventes excellentes. Puis tournée en France. Puis signature chez Sony. Le collectif brillera. D’ailleurs, j’suis sûre que la simple évocation de la Mafia Trece te ramène à ton adolescence et à des couplets qu’on connaît encore par cœur. « Le putain d’tier-quar me rend gue-din, attirant les jeunes les gamins sur le mauvais chemin, un chemin dont jamais on ne revient… » Laurence s’improvise manager à 22 ans et ce, pendant 5 ans, jusqu’à ce que Yannick sorte le titre sur lequel tes petites cousines dansent encore à chaque réveillon de Noël, j’ai nommé « Ces Soirées Là ». On est en 2002. Et Lolo a bien vu que l’industrie du disque change. Les CD gravés font irruption, le business commence sa douce dégringolade et New York lui manque pas mal. Une page se tourne.

Après le rap français, son idée est de se lancer dans un business qui marche déjà aux US. Et comme elle le dit si bien, notre savoir faire est reconnu dans la bouffe ou dans la mode. Et c’est la 2ème option qu’elle choisira. Retour à la case New York en 2004. Elle commencera dans la lingerie, puis chavirera dans les ringtones, et bossera dans les stratégies mobiles en se spécialisant au fur et à mesure dans les tech-medias. Création de site, médias sociaux, design… Ça c’est la version qui fait rêver, mais dans les faits, Laurence me raconte qu’au début elle vendait des culottes à des détaillants, que dans le mobile elle s’occupait entre autre des paper-wall de video vixen et donc qu’elle organisait des photoshoots avec ces nenettes aux gros nichons régulièrement pour qu’ensuite vous puissiez les avoir en fond d’écran sur votre Nokia 3310. Bref l’envers du décor avait son lot d’épreuves mais le plaisir de vivre à New York en valait manifestement la peine.

Aujourd’hui elle s’est mise à son compte. La crise ayant tout fermé sur son passage. Elle a crée sa boîte, fait du consulting tech-media mais t’inquiète, elle écoute toujours du rap ! Elle m’explique que le secteur des ‘techs’ est encore plus macho que l’urbain mais qu’elle y est bien. Ce qui l’avait attiré dans le rap c’était ce côté self-made-man, je pars de rien pour tout déchirer, bah c’est un peu pareil pour les techs, les start-up commencent elles aussi bien modestement. D’ailleurs elle a crée un groupe (auquel je participe aussi depuis peu !) : Les French Geek. Tous les mois les Frenchy des tech-media se retrouvent pour un apéro chillax, parce que OUI c’est un secteur dans lequel on est pas mal présents, nous, mangeurs de fromages. Ce qu’elle préfère à New York ? Cette espèce d’insouciance qui nous fait avancer malgré le lifestyle d’étudiant qu’on a : Le fins de mois sont difficiles, on achète de la bouffe à emporter ou on cuisine des pâtes, on fait notre laverie en bas du block, on vit dans 20m2, les gens à 40 ans sont toujours en colloc’ pas marié. Elle a pas tort quand elle dit que NYC c’est un campus géant ! Mais ce qui la fatigue, c’est que tout est un combat ici, tout est compliqué, rien n’est acquis. Et à la longue, c’est lourd. Toujours est-il qu’elle n’est pas prête à rentrer en France pour autant. New York c’est sa ville. Les gens de son quartier sont quasiment sa famille. Sa vie est New Yorkaise, c’est sûr, et elle a transformé son rêve de jeune fille de 18 ans en réalité…

J’ai écouté son histoire pendant 2 heures, intriguée, amusée, surprise, impressionnée, et surtout contente de croiser une Frenchy urbaine qui avait fait la démarche de partir seule à New York. Mine de rien y’en a pas tant que ça ! Encore une rencontre bien enrichissante et un portrait que vous appréciez j’espère… Cheers !

Les +

Pour en savoir plus sur les French Geek

Pour suivre son blog sur New York

Pour la suivre sur Twitter

Si vous avez rater les Travelin’ Portraits précédents: #1 Corentin, #2 Armen, #3 Diesel, #4 Fred & Rudy

Pour réécouter la Mafia Trece

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11 réflexions sur “Travelin’ Portrait #5 : Madame Lolo

  1. Déception, je pensais que le portrait parlerait d’une strip teaseuse burlesque à la poitrine avantageuse.
    Quel titre racoleur.

    J'aime

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