Mon premier Thanksgiving à New York

Mon premier Thanksgiving à New York

Ok, Thanksgiving, c’est fait. Les Cainris ont jamais de jours fériés, mais quand ils en ont c’est pas pour faire semblant. Résultat, jeudi 26, ils ont passé la journée en famille, à manger de la dinde et à célébrer la survie des premiers colons américains, face à un hiver super rigoureux (ils ont par la même, tué pleins d’Indiens mais j’imagine que l’Histoire se souvient plus de la dinde et du maïs qu’ils ont mangé à la fin, que du sang qui a coulé)… Dis comme ça, ça à pas l’air de faire rêver. Mais avec le temps c’est devenu une fête familiale super bon enfant qui donne l’occasion d’être thankful (je traduirai par reconnaissant, mais thankful j’trouve ça plus profond, donc je le laisserai tel quel dans le texte). Mon premier Thanksgiving s’est fait en 3 étapes. En résumé, ça à été une occasion pour m’en mettre plein la panse, pour me prendre une claque culturelle et pour remercier, remercier et remercier. Awesome! I mean like for real!

Mon expérience « Thanksgiving » a commencé dimanche dernier. Une amie m’a proposée d’aller à une « pré-Thanksgiving party » donnée par une de ses copines de fac (Harvard, whou yeah, ça fait rêver !). Moi j’ai dit : « bah euh oui, faut faire quoi ? ». A priori rien, juste ramener un truc à manger. Easy, en bas d’chez moi j’ai été chez le Cainfr’, j’a pris un poulet Yassa, du riz et des plantains. A la cool quoi ! Arrivée là-bas, tout le monde était déjà plus ou moins en train de grignoter, apéro en cours. Les plats s’amassaient dans la cuisine : purée, salade, soupe, tarte… Moi j’étais un peu hors sujet avec mon Yassa mais ça avait le mérite d’être exotique ! La soirée a été normale sauf qu’il y avait plein de bouffe et qu’avant de manger on a fait un tour de table pour que chacun dise de quoi il était thankful. Rien de très profond, ils étaient pour la plupart reconnaissant qu’on ait à manger. Ah euh, ok. Moi j’me suis affichée à débiter ma liste mais bon. Et si la soirée s’est faite avant le vrai Thanksgiving, c’est que tous ces jeunes vivent à New York mais sont originaires des 4 coins des States, donc ils allaient tous chez leurs parents pour fêter ça comme il se doit. Le p’tit plus de la soirée ? Une des invités d’origine italienne avait ramené des marrons à faire griller (marrons chauds marrons chauds – à lire en roulant les R). J’en avais pas mangé depuis des siècles et aucun des invités n’y avaient jamais goûté… Autre expérience : la pumpkin pie, autrement dit, la tarte au potiron. Rappelle moi de ne jamais en remanger. En fait, ça à pas le goût de potiron, ça a le goût de la cannelle. C’est un flan à la cannelle orange quoi. Dur. Bref. J’me suis rabattue sur les marrons. Les Harvadiens les avaient pas kiffés. Tant mieux !

Le fameux jeudi arrive. Après le pré-Thanksgiving, j’ai vécu un french Thanksgiving. L’objectif pour tous Français à New York est de se faire inviter par une famille américaine à célébrer cette fête avec eux. Mais ça reste pas évident. Histoire de rentabiliser notre jour férié et d’en profiter pour manger à fond sans scrupule, on s’est retrouvés en petite équipe francophone. J’étais chargée de ramener des desserts… Pas le temps d’aller à la bonne boulangerie de Brooklyn sur Lafayette tenue par des Marocains. Je m’arrête donc à Whole Food aka le paradis du hippie qui mange bio et du Français en manque de Petits Ecoliers et de tartes à la framboise (j’suis un peu des deux). J’achète des pâtisseries trop opé (tartelettes au citron, chocolat, fruits, fondant…) et finis aussi par acheter des desserts américains bien gros, bien gras et bien plein de cannelle (berk) : un crumble aux pommes et une pumkin pie. En fait j’ai décroché une invitation chez ma pote Panaméenne le soir et je suis aussi de mission « dessert ». Arrivée chez les Frenchy à Harlem, bah encore une fois, le Thanksgiving prend des allures de get together plus que normal. On mange (du fromage), on rit (en français), on échange les bons plans (new-yorkais) et on tape des desserts (fins, savoureux et fruités). Idéal pour marquer le coup, mais rien de traditionnel à part la tarte au potiron sur la table que tout le monde évite soigneusement préférant de loin la tarte aux fraises. Sacré Français !

Puis vient le temps de filer au VRAI Thanksgiving à Brooklyn, East Flatbush… Je mange depuis déjà 2 heures donc l’idée d’aller dévorer d’la dinde me fait pas rêver mais j’ai très envie de voir ce que ça donne. Dans le métro le ton est donné, l’ambiance est très familiale, les gens ont des sacs de bouffe et des enfants dans les bras. Et peu importe les cultures, tout le monde joue le jeu… Arrivée à BK, je réalise que le quartier (que je ne connais pas du tout by the way) est super résidentiel. En fait, plus résidentiel que je n’en ai jamais vu. Maisons de ouf sur quatre étages. Rien d’autre à l’horizon. Après quinze minutes de marche et plusieurs hésitations, je trouve enfin l’adresse. J’arrive avec une heure de retard et 3 tartes dans mon sac en toile recyclable Whole Food. Ding Dong. « -Hello. I’m the French friend. -Oh hello, come on in, welcome ! »

Quel accueil ! Dans le salon, 15 personnes sont assises en train de manger des petits fours et boire du vin dans de très gros verres. Je salue globalement le monde et mes joues virent au rouge… Ça semble être une réunion familiale assez…conséquente. Puis la jeunesse arrive, mon amie me présente… Quand elle dit que je viens de Paris, j’entends un « Ohhhh » général. Sa maman (qui parle 7 langues et qui a voyagé dans le monde entier) me dit que beaucoup d’entre eux parlent français. D’ailleurs, pendant la soirée, j’ai plus parlé français et espagnol qu’anglais. On me fait faire le tour de la maison, j’échange quelques mots avec un peu tout le monde, on peut clairement dire que l’ambiance est très chill. La cuisine me fait rêver, il y a des plats de toutes les couleurs, ça sent bon, la dinde est énorme, ça a un petit goût du Noël familial de ma jeunesse. Sauf que tout le monde est du Panama. Différence notable. Et surtout agréable. C’est toujours trop bon de rencontrer des gens d’ailleurs.

Puis, moment stratégique, la maman nous appelle tous. Grand cercle autour de la table, tout le monde se tient la main, et elle fait un discours. « Merci à tous d’être là. Personne ne vient des États Unis mais comme nous vivons là, nous avons embrassé leur culture et fait de cette fête une occasion pour se retrouver entre amis et en famille. Je suis thankful de partager ce moment avec vous, tout le monde devrait être thankful de… » Là, pendant 5 secondes, j’ai lâché le cours du discours. Quand je l’ai repris, elle disait « C’est le premier Thanksgiving pour notre Parisienne, peut être que tu veux dire un petit quelque chose à ce propos aux anciens. » Et là je me suis sentie seule au monde. J’ai bafouillé, haussé les épaules, et j’ai regardé ma pote avec des yeux de Help… Finalement, je suis passée à la trappe. Ouf. Pas que je sois timide mais j’étais pas super à l’aise à l’idée de faire un discours devant toute la famille quoi. (Fail !) Aller hop, ensuite on est passés à table. Le concept : les plats sont en buffet, tu prends ton assiette et tu te sers de ce que tu veux. Salades, légumes, pâtes, bananes plantain, rice and beans, rôti de porc (trop peu pour moi) et DINDE ! Ah la la, mon assiette faisait rêver à la fin. J’ai trop bien mangé, goûté une boisson de Trinidad au gingembre que j’ai pas kiffé (cannelle oblige) et parlé avec des jeunes tellement ambitieux. Toute sa famille a voyagé aux 4 coins du monde, son cousin a vécu au Nigeria et en Amérique Latine. Sa cousine, prise à Yell a vécu en Espagne, au Maroc et en France. Bref, j’me suis pris une grosse claque culturelle. Finalement, mon déménagement Paris/New York et mon bilinguisme partiel étaient plutôt ridicules. Jeudi soir, j’étais loin d’être la Travelin’ Girl. Du moins, on m’avait mis à l’amande puissance 10 ! Ensuite, les desserts m’ont achevée. Surtout ceux à la citrouille en fait. Ça ne passe pas. Par contre, le flan vanille caramel et les cupcakes eux passaient très bien… Puis on a papoté encore un peu, tout le monde a voulu pratiquer son français « j’edowe Peris » avec moi, et j’étais super contente à l’idée de parler de mes pays d’origine (métissage oblige) avec des gens qui y avaient été, et pas qui surfaient sur des idées préconçues comme c’est souvent le cas. En bref, cette soirée a été un moment tout simplement chaleureux, plein d’échanges et de découvertes. Une agréable bouffée d’air dans une culture américaine étouffante. Quoi que, je pense que tout le charme de ce Thanksgiving tenait dans le fait que personne n’était vraiment Américain mais que tout le monde avait envie de célébrer la Reconnaissance. Tout simplement parce que c’est universel. En bref, j’ai kiffé ! En « pré », en french ou en panaméen, c’est à faire les amis, c’est à faire…

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7 réflexions sur “Mon premier Thanksgiving à New York

  1. thank you travelingirl but you are a little bit too much avec les cainris. be thankful with all of us. Bravo a toi et sois zen tu vis des moments marquants

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  2. Aaaah j’adore ! On s’y croirait ! 🙂
    Un biggous LOL pour la tarte au potiron ! (ok je raconte ma vie vite fait sorry !) Ma mère a tellement kiffé qd elle est partie au States qu’elle a décidé de nous en faire un jour… J’ai jms mangé un truc aussi ignoble ^^

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